Rachida Dati : une exception ou la preuve de la démocratisation de la société ?

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Rachida Dati est une fille d’émigrés magrébins qui accède à des positions sociales supérieures comme garde des sceaux, maire ou encore membre du gouvernement Sarkozy. Alors que bon nombre de sociologues s’accordent à dire que les actuels quadragénaires ont été défavorisés par les différentes crises économiques et que « l’ascenseur social est en panne », une femme issue d’un milieu populaire se retrouve propulsée en haut de la hiérarchie sociale. On en vient alors à se demander « Rachida Dati est elle une exception ou la preuve de la démocratisation de la société en considérant les constats actuels ? »

Dans un premier temps, nous verrons que cette personnalité est une exception, et que c’est, de plus, l’exception qui confirme la règle.  Avant d’avancer dans un second temps que Rachida Dati serait le moyen utilisé par le gouvernement dans son projet de mise en scène d’une société démocratique.

 

I.                    L’exception qui confirme la règle

a.       L’exception

Le cas Rachida est une exception car :

- il s’agit d’une femme alors que les femmes, malgré la place grandissante qu’elles occupent dans le monde du travail, restent défavorisées tant au niveau du revenu que de la position occupée dans la hiérarchie sociale.

- Elle est issue d’un milieu populaire, son père est maçon,  et elle a réussit à passé d’un extrême à l’autre de la hiérarchie sociale alors que les statistiques montrent que le milieu d’origine est un facteur qui détermine la mobilité alors qu’elle est pour Merllié une « mobilité de proximité sociale ». De plus, étant fille de maçon elle ne dispose pas d’un capital économique et social  comparable à un individu d’une classe aisé, et ce d’autant plus qu’elle n’est pas de nationalité française. Néanmoins, bien que déterminants ces critères ne sont pas les plus importants pour Bourdieu qui met en évidence le fait que le capital culturel soit le plus discriminant.

- Or elle n’a fait que très peu d’études. Si on compare ses diplômes à ceux des autres membres du gouvernement majoritairement diplômés de L’ENA, ou de polytechnique, elle est aussi à ce titre une exeption.

 

b.      Qui confirme la règle

En effet on peut remarque que l’ascenseur social est actuellement en panne et que la mobilité est moindre depuis la fin des années 70 à cause des crises économiques. C’est pourquoi Claude Thélot explique que les quadragénaires aujourd’hui sont défavorisés par rapport à leurs pères. Opinion que partage bon nombre de sociologues actuellement. Les études de mobilité montrent en effet un ralentissement de celle-ci et quand il y en a on observe un phénomène de démotion comme l’a dit Louis Chauvel, la démotion étant le contraire de la promotion. Alors que dans les années 2000 25% des cadres ont connus le chômage, comment se fait-il qu’une personnalité comme Rachida Dati accède à des positions si élevées ? Les études mettent en évidence la difficulté pour un fils d’ouvrier de monter dans la hiérarchie puisque seulement 30% d’entre eux accèdent aux études supérieures contre 80% des fils de cadre puisque pour Bourdieu,  on est dans une société à « mode de reproduction à composante scolaire ». On voit donc bien en quoi Rachida est l’exception qui confirme la règle.

 

II.                  Un projet gouvernemental ?

Alors qu’elle entre en fonction dans le gouvernement Sarkozy, Rachida Dati est vivement critiquée de toute part comme jouant de son physique pour s’attirer les faveurs du président et faire la une des magazines. La société loin d’acclamer ce qui pourrait être la marque d’une plus grande démocratisation de la société déplore en réalité le caractère non méritocratique de l’ascension de Rachida. En effet, le gouvernement Sarkozy a voulu faire miroiter aux français et aux étrangers l’image d’une société plus démocratique en permettant l’accès au pouvoir de personnalités issus de milieux modestes comme Rachida, et de femmes pour une plus grande parité. Rachida et Woerth représentent alors le moyen au service de l’efficacité d’un tel projet gouvernemental. On peut appuyer cette idée avec le fait que le gouvernement ait très peu duré, après le remaniement, il a finalement conservé sa formation traditionnelle qui implique que tous les membres du gouvernement aient un niveau de diplôme élevé. Le seul héritage de ce projet gouvernemental est le caractère jeune et dynamique des politiciens majoritairement quadragénaires.

 

Conclusion : Rachida Dati est donc une exception, celle qui confirme la règle d’une société peu mobile où le principe d’égalité des chances n’est pas en accord avec la réalité sociale. Loin de devoir sa position à son niveau de diplôme, elle a été l’instrument du projet gouvernemental, maintenant désuet, qui a eut pour ambition de montrer la démocratisation de la société.

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