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La croissance économique au XIX siècle

La Révolution Industrielle correspond à une période qui s’étend de la fin du XVIII à la fin du XIX. Elle gagne tout le continent Européen en commençant par l’Angleterre. C’est un siècle charnière dans l’histoire mondiale. Car l’Europe du Nord-Ouest entre dans l’ère de l’industrie et de la croissance économique.
Paul Bairoch in Victoires et déboires « La plus profonde mutation que le monde ait connu depuis le néolithique »

 Fin XVIII, l’Europe est un ensemble d’économies marquées par la prépondérance de l’agriculture et de la paysannerie.
-Production agricole :
4/5 de la population européenne vit à la campagne dont les 4/5 participent directement aux activités et à la production agricole.
Le niveau de technique est archaïque et la productivité est faible. C’est une période de famines et de disettes (dernière famine en Irlande en 1848).
-Production manufacturière : travail manuel et faible productivité.
-Absence d’un marché intérieur, dû à la lenteur des transports.


I La Révolution Industrielle
A Les problèmes de définition : qu’est ce qu’une révolution industrielle ?


1°Les différentes acceptations de ce terme.
Le terme apparaît au XIX, utilisé pour la première fois par les socialistes anglais et français, par référence à la Révolution française.
Le premier auteur à l’utiliser est Engels en 1845 in Situation de la classe laborieuse anglaise, puis par J Stuart Mill in Principe d’économie politique.
P Mantoux en 1905 définit la Révolution Industrielle : « avant tout une révolution des techniques et c’est l’indice seule qui explique l’émergence de ce nouveau monde »


2° Conception qui a évolué.
Les progrès dans le domaine statistique conduisent, dans les années 1960’s, à une évolution de cette vision. On considère alors, que les innovations techniques ont été décisives, exemple : la machine à vapeur de J Watt en 1769, mais n’ont pas entraîné la révolution industrielle à elles seules. Il faut pour cela un certain nombre de conditions préalables.
En effet, la Renaissance avait connu une transformation des techniques sans pour autant mener à la révolution industrielle.
Plus qu’une rupture, la révolution industrielle est une accélération des techniques. PT Braudel « La Révolution Industrielle, c’est aussi un processus de plus longue durée, progressif et souvent peu discernable ».


B La Révolution Industrielle s’inscrit dans le plus long terme.

1°Le processus d’industrialisation
On distingue dans les sociétés traditionnelles trois manières d’organiser la production.
-Artisanat villageois traditionnel :
Fabrication des produits nécessaires pour l’exploitation agricole et les besoins des villageois. C’est une production des besoins locaux (métiers de la forge, poterie, textile).
-Artisanat urbain :
Les corporations : groupements de professionnels qui ont des réglementations strictes concernant les statuts et activités. On a une organisation plus précise, de manière à transmettre le travail artisanal, mais contraire aux lois du capitalisme. Elles deviennent un obstacle aux innovations et à l’individualisme.
1791 Loi le Chapelier : abolition des corporations : suppression d’un carcan trop rigide
-Arsenaux royaux :
Grands chantiers de construction navale. Activité la plus industrielle et la plus capitalistique de l’époque, car elle rassemblait le plus de capitaux, de techniques et de main-d’œuvre.

Ce système traditionnel, se fait concurrencer par le développement d’une industrie rurale dispersée.
« La proto-industrialisation » 1969 F Mendels .C’est une production industrielle domestique caractérisée par trois éléments :
-fabrication de produits destinés à être vendu sur des marchés extérieurs à la région de production
-activité gérée par des familles paysannes de façon saisonnière. C’est un revenu complémentaire, une seconde activité.
-organisée sous forme de domestic system : c’est-à-dire que des marchands-fabriquants approvisionnent les campagnes en matière première, distribuent du travail au famille et une fois la saison passée, récupèrent le produit fini. C’est une distribution locale. Dans ce domestic system, on retrouve une partie de l’industrie textile, filage et tissage (lin et chanvre au Nord de la France et Picardie ; soie à Lyon), et de l’industrie métallurgique, fer + fonte avec les hauts fourneaux et l’horlogerie (Jura et Suisse).
Les marchands-fabriquants, vont progressivement rassembler la main-d’œuvre en un même lieu pour mieux la gérer, l’encadrer et souvent pour la situer plus près de la matière première. La naissance de ces ateliers va aboutir à la création d’usines. On passe au factory system.
C’est pourquoi, on dit que la proto-industrialisation préfigure l’idée de commercialisation de l’industrie. Elle est considérée comme un facteur de modernisation des campagnes, d’accélération de l’urbanisation (diffusion des modèles de comportements urbains, notamment le modèle de consommation) et de développement industriel.
« la proto-industrialisation » et l’industrie ont pendant longtemps co-existé. En Angleterre, la production industrielle prend le pas sur la production proto-industrielle seulement en 1860, en France il faut attendre jusqu’en 1880.


2° Le financement de l’industrialisation
Hypothèses :
-du commerce, notamment commerce colonial ?
En effet l’Angleterre s’impose comme puissance coloniale au XVIII.
-des grands ports européens ?
Le commerce triangulaire a beaucoup enrichit les armateurs français et anglais.

Mais ce ne sont pas les capitaux du commerce colonial qui ont financé la révolution industrielle. Ils ont surtout permis l’achat de titres et de terres, signes extérieurs de richesses. Ainsi le financement de l’industrie textile en Angleterre, par exemple, provient de l’autofinancement, puis des banques à partir de 1870. Un autre exemple est visible dans la distinction entre les zones d’accumulation du capital colonial, et les premiers foyers de développement industriel.
Le financement de la révolution industrielle, dans ses débuts, provient de l’autofinancement puis des banques (1870).

 
C. La révolution industrielle : les facteurs explicatifs.
Une série de bouleversements vont faire système. Il y a des interdépendances entre les différentes transformations.
Par exemple Chantal Beauchamps in Révolution industrielle et croissance économique au XIX parle d’une relation entre domestic system et pression démographique. Ainsi, selon elle, le domestic system a permis de baisser l’âge au premier mariage, par l’assurance d’une source immédiate de revenu aux conjoints. Et cette baisse, entraîne une hausse du nombre des naissances, la paupérisation de la main-d’œuvre rurale et nourrit de ce fait l’exode rural.


1°Le rôle du progrès technique
Il n’y a pas de révolution industrielle sans changements techniques. Si certains sont importants ; comme la machine à vapeur ou la machine à tisser, qui transforment fondamentalement la manière de produire ; les technique ne connaissent pas pour autant de ruptures brutales mais plutôt une accélération.
Daumas (1968) : « l’invention n’est [en effet] que très rarement réduite à la dimension d’un seul événement dû à un seul personnage. C’est une opération complexe qui, avant de déboucher sur des innovations industrielles, bénéficie d’une expérience parfois longue de plusieurs siècles, accumulée de génération en génération, à laquelle prennent part des individus séparés presque toujours par le temps et par l’espace. Elle ne prend une forme achevée que lorsque l’époque le permet. Il faut pour cela […] que le milieu dans lequel elle doit apparaître ait atteint le niveau de maturité indispensable. »

Le progrès techniques se développe tout d’abord dans les secteurs du textile et de la sidérurgie, considérés par Rostow comme : « les secteurs moteurs de la révolution industrielle ». Pour lui, des secteurs moteurs sont des conditions préalables du « take-off ».
-Secteur sidérurgique
1709 Darby réussi la première coulée de « fonte au coke »= charbon de terre. Il permet d’augmenter la production de fonte, qui est plus résistant et de meilleure qualité. Ce procédé a mis un siècle à s’imposer d’abord en Angleterre puis en Europe. Son emploi se répand après 1760, et fin XVIII, 50% de la fonte en Angleterre est encore produite par les hauts fourneaux (charbon de bois).
Breveté en 1784 le procédé du pudlage de Henry Cort, par décarburation de la fonte dans un four à réverbère et un laminoir, permet d’obtenir un bon fer ou même de l’acier.
-Secteur textile (principal secteur en Angleterre)
Le coton selon Bairoch, joue un rôle très important dans la révolution industrielle anglaise (permet un meilleur travail mécanique ; facilement exportable à bas prix des colonies). En 1840, le textile occupe 60% de l’emploi dans l’industrie manufacturière, et le coton 50%, les articles en coton représentent 40% des exportations de l’Angleterre.
Année Innnovation Inventeur Les progrès/ événements économiques
1733 Navette volant John Kay C’est une machine de tissage.
Elle permet de produire plus vite des tissus plus larges que la capacité de l’ouvrier, grâce à une navette montée sur roulettes. Gain de productivité de 30 à 40%
1760   Goulot d’étranglement. Déséquilibre entre tissage et filage, pousse la filature a innové
1765 Spinning-Jenny Hargreaves Rouet amélioré, mais encore activé par bras humains
1769 Water frame Arkwright Rouet qui utilise l’énergie de l’eau et plus tard de la vapeur
1779 Mule-jenny Crompton C’est une synthèse des deux qui permet de passer à une méthode plus industrielle.
1780   Goulot d’étranglement. L’augmentation de la production de fils entraîne un déséquilibre
1780’s Métier à tisser Cartwright 
Dès 1800, 80% des filés de coton du Lancashire sont fournis par des mules.
Ce métier entraîne une résistance chez les ouvriers. Une révolte menée par Ned Luddham, baptisée le Luddisme, pousse les ouvriers à casser les machines. En France c’est équivalent à la révolte des Canuts, ouvriers de la soie à Lyon. C’est la crainte du chômage qui les motive.
1815 200000 métiers à bras ; 2500 métiers mécaniques
1830 le métier à tisser l’emporte sur le métier à bras
Le développement de ce secteur montre 3 choses :
-accumulation des savoirs faire
-importance des goulots d’étranglement
-lenteur de l’expansion de l’innovation
Schumpeter (1883-1950) in Capital, socialisme et démocratie : « La mise en œuvre de telles innovations est difficile et constitue une fonction économique distincte, en premier lieu parce qu'elles se détachent des besognes de routine familières à quiconque et, en deuxième lieu, parce que le milieu économique y résiste par des moyens divers, allant du refus pur et simple d’acquérir ou de financer un nouvel objet, à l’agression physique contre l’homme qui tente de le produire. »

Emerge l’idée que les innovations n’ont pas le même poids dans la révolution industrielle. B Gille compte 3 types d’innovations :
-substitution/ compensation (améliore le procédé existant)
-structurelles (rétablies les équilibres rompues)
-dominantes (moteur dans le développement économique et le procédé de production)

Innovation/Inventeurs/Dates /Types d'innovation
Navette volante J Kay 1733 Innovation de substitution
Métier à tisser  Cartwright 1784 Innovation structurelle
 Jacquard 1801-1816 
Machine à vapeur J Watt 1769 Innovation dominante

Du fait de l’interdépendance des branches motrices entre elles, ces innovations forment un système technique. Tout progrès dans une branche crée une demande dans une autre.
Par exemple : le développement des chemins de fer requiert un acier plus résistant, d’où la mise au point du convertisseur Bessemer en 1856, puis du convertisseur Martin-Siemens en 1864 et le procédé de Thomas-Gilchrist en 1877 qui améliore le convertisseur Bessemer.


2°Le rôle des entrepreneurs
J-B Say : « l’entrepreneur qui doit et a combiné les facteurs de production en un organisme productif »
C’est le groupe social qui a mis en place les innovations techniques. Ils ont un rôle décisif.
Schumpeter : « l’entrepreneur crée sans répits car il ne peut rien faire d’autre. Pour le succès tout dépend du coup d’œil, de la capacité de voir les choses et de ne pas sentir l’insécurité et la résistance comme des événements contraires. »
Les premiers entrepreneurs venaient de tous les horizons géographiques et de toutes les classes sociales, en raison de la modestie du savoir scientifique et du faible besoin de financement.
Exemple démonstratif
-secteur textile : Arkwright vient d’un milieu très modeste, c’est un apprenti barbier. En parcourant la campagne anglaise pour vendre des perruques, il analyse les difficultés des tisserands. En 1768 il crée la première machine à filer. En 1779 il possède sa propre usine avec 300 ouvriers.
La seconde révolution industrielle demande un savoir scientifique plus important
-secteur chimie : Bayer grâce à sa formation d’ingénieur va aboutir à des découvertes. Chimie industrielle
-secteur électrique : F Caron : « l’électricité fut une science avant de n’être une industrie »
1887 Simmons crée Institue technique physique

Comportement de l’entrepreneur :
Max Weber 1905 Ethique protestante et esprit du capitalisme Adéquation entre les valeurs développées par le protestantisme (calviniste) et les valeurs du capitalisme moderne.
Doctrine calviniste 3 dogmes :
-Dieu transcendant qui a créé le monde et le gouverne
-Dieu a prédestiné chacun de nous au salut ou à la damnation éternelle.
-Dieu a créé le monde dans sa gloire. Chaque homme doit travailler pour la plus grande gloire de Dieu.
Les croyants calvinistes cherchent toujours des signes de leur sélection. Ils travaillent sans relâche car la réussite économique est une preuve. De plus cette croyance pousse les individus à investir et à se méfier des plaisirs de la vie. Cette éthique est conforme au besoin d’accumulation du capital du capitalisme.

 
D Révolution industrielle et révolution agricole
-Un certain nombre d’analyses font des progrès agricoles la cause première de la révolution industrielle.
Pour Rostow les progrès sont une des conditions sine qua non de l’exode rural qui fournit l’industrie. P Bairoch partage la même vision.
-Depuis remise en cause de cette idée à l’heure actuelle. On observe un décalage entre les régions où il y a eu progrès agricole et les régions de progrès industriel.
F Crouzet montre que le rôle des capitaux agricoles a été secondaire dans le développement industriel de la France. C’est une causalité significative surtout pour l’Angleterre.


1° Les principaux changements dans les techniques culturales
Rioux : la révolution agricole « c’est avant tout un ensemble de nouveautés disparates et complexes qui se développent en Europe dès la fin du XIX et qui vont finalement se traduire par une augmentation de la productivité et de la production agricole »
C’est en Angleterre qu’on observe le phénomène de révolution agricole le plus précoce et le plus poussé, c’est un modèle.

-Progrès dans l’organisation agricole
1) Nouvelle organisation des assolements. Passage d’un assolement triennal à un assolement quatriennal, qui par la culture de nouvelles plantes, permet le renouvellement des sols et la suppression de la jachère. Ainsi de 1700 à 1750, on estime que la productivité par tête a augmenté de 25%.
2) Essor de l’élevage. L’élevage devient une activité agricole à part entière.
Duby in Histoire de la France rurale de 1800 à 1860 l’élevage représente 29-32% des activités agricoles. En 1880 40%.
 -action des agronomes (notamment en Angleterre) : sélection des races et espèces.
 -prix moins instables que ceux de l’agriculture et qui augmentent plus vite (demande croissante de viande dans les villes)
 -exploitations d’élevage plus rentable car les charges salariales sont moins fortes que dans les exploitations agricoles.
L’essor de l’élevage, provoque un développement de la culture de plantes fourragères.
1850-1880, les terres consacrées à la culture fourragère enregistre un gain de 63%
3) Progrès dans l’outillage agricole. Les progrès sont lents mais d’une efficacité certaine.
En Angleterre Jethro Tull invente le semoir mécanique en 1701
1822 charrue Dombasle (ingénieur français)
1818 première moissonneuse batteuse par l’américain Lane
Ces progrès permettent une augmentation de la production agricole.

En même temps que ces progrès, a lieu en Angleterre un bouleversement agraire, le mouvement des Enclosures. C’est une politique des propriétaires fonciers de remembrement des terres agricoles afin de constituer des terres d’un seul tenant et closes. Ce mouvement met fin aux droits communaux, aux champs en open field et à « la vaine pâture ».
Commencé au XVII, il s’accélère au XVIII. On compte plus de 5000 actes entre 1730 et 1820.

Conséquences économiques
Ce mouvement permet une concentration des terres et le développement d’une agriculture productiviste. C’est le début des grandes exploitations agricoles industrialisées, et d’une agriculture avec une logique de rentabilité. La productivité agricole augmente de 90% entre 1700 et 1800.
Marc Bloch in Caractères originaux de l’histoire rurale française désigne ce mouvement d’ensemble par l’expression « individualisme agraire »
Lord Ernle in Histoire rurale de l’Angleterre : « l’agriculture est devenue une mode de la bonne société ». Ainsi la noblesse anglaise va s’intéresser à l’agronomie et en outre, l’agriculture anglaise est la première à être capitalisée.

Conséquences sociales
Marx montre que le mouvement des enclosures provoque l’exode rural de deux catégories sociales : les squatters et les cottagers d’une part et les yeomen d’autre part.
-Squatters et cottagers sont des travailleurs sans terre devenu des ouvriers qui alimentent le prolétariat urbain
-Les Yeomen sont des petits paysans, ils vont devenir des fermiers travaillant pour les grands propriétaires fonciers.
Pour Marx le mouvement des enclosures constitue un tournant décisif dans l’accumulation du capital. Ces paysans constituent « le bataillon industriel de réserve »
En 1700 70% de la population travaillent dans l’agriculture,
En 1800 37%
En 1850 22%


2° Les liens entre industrialisation et modernisation agricole
a. Le schéma de Rostow-Bairoch
Dans ce schéma, on ne peut avoir des bouleversements majeurs dans l’industrie sans qu’il y ait des changements préalables dans l’agriculture car :
+ La révolution industrielle pour avoir lieu, nécessite un transfert des actifs du primaire vers le secondaire.
Cette analyse repose sur la constatation qu’avant la révolution industrielle ¾ des actifs sont dans l’agriculture. Il utilise l’exemple de l’industrialisation russe pour étayer son propos.
En 1890 De Witte tente la modernisation de l’industrie russe sans succès. Pour Rostow cet échec est dû à l’archaïsme de l’agriculture russe. Cette modernisation peut être possible en 1914 car en 1905 ont eu lieu les réformes Stolypine dans l’agriculture.
+ Les progrès de l’agriculture permettent de nourrir une population urbaine en expansion.
+ Accumulation croissante de capital dont une partie est transférée à l’industrie naissante.

Smith in Richesse des nations souligne l’importance « des transferts de revenus excédentaires vers les secteurs neufs de l’économie sous peine d’être stérilement accumulé par la rente foncière »

Bairoch complète la théorie de Rostow. Pour lui l’agriculture joue un rôle décisif sur la demande.
L’augmentation de la production agricole, provoque une hausse de la demande de fer pour l’outillage agricole, d’où un essor de la sidérurgie. Ainsi la demande agricole expliquerait entre 40 et 50% de l’augmentation de la demande globale de fer entre 1720et 1780.
D’autre part les progrès de l’agriculture entraîne une augmentation de la demande de bien de consommation (notamment de vêtements) d’où une croissance de l’industrie textile (qui décolle à son tour à cause des pressions).

b. Les physiocrates
Mouvement français du XVIII dont l’un des meneurs est F Quesnay.
Le secteur important en économie est l’agriculture, elle seule permet de créer des richesses et enrichit le souverain.

c. Remise en cause de ce schéma
Chambers (Angleterre) montre que la relation agriculture-industrie est plus complexe.
En effet les nouveautés agricoles et la close des champs ont nécessité l’utilisation d’une main-d’œuvre nombreuse qui a retenu les paysans dans les campagnes. Ainsi l’exode rural est moins important que ne le décrit Marx. De même le développement de la proto-industrialisation a requis de la main-d’œuvre et a fixé les paysans dans les campagnes. Il n’y a pas eu en Angleterre d’exode massif de la population du Sud vers le Nord.

En France François Crouzet : « la révolution agricole n’a fournit à l’industrie, ni les hommes, ni les capitaux, ni les débouchés. »
-l’exode rural ne s’accélère qu’après le décollage économique et industriel
-capitaux : banque et autofinancement
-débouchés : demande en fer de la marine
M. Morineau il n’y a pas en France de révolution agricole fin XVIII début XIX comme en Angleterre. Il faut attendre 1840. L’industrie et l’agriculture vont se développer ensemble.

Comparaison France/Angleterre
Dans les deux cas la révolution agricole est une condition nécessaire mais pas suffisante de la révolution industrielle. D’autre part, chacun des pays ont des situations différentes.
Ainsi la révolution agricole a joué un rôle plus important en Angleterre qu’en France.
 La France est en « retard » par comparaison à son voisin anglais :
-la bourgeoisie/noblesse française n’est pas passionnée dans les recherches agronomiques.
-avant la révolution française, les revenus agricoles étaient faibles à cause des taxes. L’agriculture avait de ce fait une faible capacité d’investissement.
-il y a une permanence de petits exploitants agricoles. Jusqu’en 1908 la structure agraire dominante (85% des exploitations) est une parcelle de moins de 10 hectares, ce qui n’encourage pas la modernisation trop onéreuse.
-insuffisance des crédits de la part des exploitants agricoles. On préfère investir dans la terre.
-baisse des prix agricoles à cause de la concurrence des pays neufs (E-U, Russie), entraîne une baisse de la capacité d’investissement des exploitants. A partir de 1880-1890 l’agriculture française adopte une politique protectionniste, politique Méline. L’agriculture française ne va pas se moderniser elle ne subit pas de pression. Ces lois vont durer jusqu’en 1960 loi Pisani afin de moderniser l’agriculture française.

Angleterre
-grandes exploitations très vite modernisées, mécanisées et productives qui emploient une main-d’œuvre nombreuse. Agriculture de type capitaliste.
 France
-petites exploitations familiales peu productives peu de salariés très lentes pour s’adapter aux nouvelles techniques culturales.

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